Eléments pour une histoire des parures labiales transfixiantes (labrets) d’Afrique. État de la question et pistes de recherche
Abstract
Bien que les populations africaines aient fait un large usage des parures labiales transfixiantes (PLT/labrets), l’histoire de ces dernières est mal connue. Seul G. Keddie (1989) semble avoir cherché à en retracer les grandes lignes. Après avoir évoqué les spécificités des PLT, et les problèmes méthodologiques qui s’y rapportent, nous reviendrons sur leur l’histoire, en nous référant aux découvertes archéologiques de labrets. Nous verrons alors que le port de PLT, qui semble apparaître dans la vallée du Nil au début du 6e millénaire BC (foyer primaire), pourrait bien résulter d’une influence proche-orientale et participer du processus de néolithisation régional. L’hypothèse d’un foyer secondaire (Algéro-Malien) à l’origine de la propagation des PLT en Afrique de l’Ouest sera proposée. Puis, en examinant la manière de porter les labrets et le sexe de leur porteurs aux périodes archéologiques et au début du 20e siècle, et en nous référant aux grands mouvements de populations déduits de la linguistique, nous ouvrirons des pistes de recherche qui nous mèneront sur les traces des locuteurs nilotiques d’une part, et Bénoué-Congo d’autre part, deux ensembles de populations qui pourraient bien avoir été largement impliquées dans la diffusion des labrets à travers le continent.