L'ethnologie et les troupes folkloriques haïtiennes. Politique culturelle, tourisme et émigration (1941-1986)

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Pendant les années 1930-1940, Haïti devint un carrefour et un terrain d'investigations pour des ethnologues haïtiens, américains et français. L'indigénisme haïtien et l'anthropologie culturelle ont certes donné au vaudou ses lettres de noblesse, mais cette valorisation s'inscrivait dans les relations de pouvoir qui traversaient alors la société haïtienne. L'un des motifs pour lequel le culte fut déconsidéré tout au long du XIX e siècle, son origine africaine, fut celui-là même par lequel il fut valorisé, la jeunesse dorée de l'élite haïtienne étant sensible au succès international de l'imaginaire produit sur l'Afrique dans les années 1920-1930. Cependant, la tendance essentialiste du culturalisme renforça cette image du culte comme étant l'attribut naturel d'une population paysanne et ouvrière marginalisée. L'inclusion du vaudou dans une trame nationaliste, dont la reconfiguration de l'historiographie haïtienne se fit l'écho, est concomitante de son esthétisation dans le champ des lettres et des arts. Le culte fut appréhendé par ses promoteurs intellectuels, indigénistes et noiristes, comme le vecteur d'une valeur ajoutée, autant esthétique que politique, qui s'inscrivait dans l'affirmation d'une conscience populaire noire. Dans cette dynamique, le Bureau d'ethnologie, créé en 1941, occupa un rôle central.

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