Urban environnement governance in Cotonou: the difficult incarnation of an international injunction
Abstract
La notion de gouvernance s’impose de plus en plus dans les agendas des villes occidentales, et s’apparente au quatrième pilier du développement durable depuis la conférence de Rio de Janeiro en 1992. En Afrique, cette notion a été présentée par les bailleurs de fonds (Banque mondiale et FMI) comme une réponse à l’échec des politiques publiques, notamment dans les villes marquées par les carences dans les services fournis aux citoyens. Les villes apparaissent ainsi comme cadre d’action publique pouvant produire une croissance économique pour contribuer au développement social et à la réduction de la pauvreté. Dans ce contexte, la gouvernance urbaine introduit un changement de paradigme de développement et envisage l’action politique de façon concertée entre l’État, les collectivités territoriales, les entreprises privées et les citoyens. Ce schéma place l’environnement comme l’un des piliers du développement, et se matérialise par l’élaboration des projets de gestion des déchets dans la plupart des villes africaines. Cependant, la mise en œuvre de ce schéma de gouvernance des déchets dans la ville de Cotonou entre 2000 et 2016 n’a pas produit les résultats escomptés. En mobilisant la théorie de l’acteur stratégique, nous envisageons l’hypothèse que l’échec de la mise en œuvre du schéma de gouvernance urbaine traduit l’occultation du contexte socio-politique local où l’État cherche à rester maître du jeu. Depuis 2018, la mainmise de l’État sur ce secteur s’est traduite encore par la dessaisie totale des communes de cette compétence qui leur est pourtant octroyée dans le cadre de la décentralisation. Malgré l’injonction internationale à la gouvernance urbaine, on assiste plutôt à une difficile mutation du gouvernement urbain. Mots-clés : gouvernance urbaine, gestion des déchets, Afrique, Cotonou. Abstract The concept of governance is more and more essential in the agen